BOUDIBA Mohamed - le poète

Ton grand ami
(poésie)

Te souviens-tu du jour ou pour la première fois,
J'ai répondu à l'appel de tes sirènes de bois?
Irrésistiblement attiré par ta voix,
J'ai quitté ma ville natale marchant vers toi.
Devant tes premiers cèdres je me suis arrêté,
Fasciné par leur grandeur et leur majesté.
Comme des tours géantes, ils s'élancent vers le ciel,
Étageant leurs branches telles d'immenses ombrelles.
Te voici enfin ! Royaume des arbres de Dieu,
Fleuron de l'Ouarsenis en son beau milieu.
Le cri d'un passereau, celui du geai d'Afrique,
Venaient s'ajouter à cette vision féerique.
Allez ! !me dis-je, reprends ton chemin et tes sens,
Car, c'est bien maintenant que l'inconnu commence.
Dans tes profondeurs enivré par ton silence,
Tu m'as arraché un cri écoutant ma présence.
Depuis cette randonnée, je connais tous tes coins,
Comme le sublime Siga ou l'idyllique Rond-Point.
En découvrant dans une combe ta clairière Ourtène.
Ces mots sont sortis de ma bouche : 0 quel éden!
D'ailleurs on te surnomme à juste titre paradis ;
Ce n'est qu'un mérite qui t'honore et te grandit.
Je suis passé par tes deux Tournants de la mort,
Les hommes s'y tuent et les surnomment ainsi à tort.
On s'y arrête toujours pour vivre des moments forts,
O quelle vue sublime! en approchant de leur bord.
Ma soif a disparu à ta grande source rieuse ;
Claire fontaine de Harhar, tu es si généreuse.
La Sultanat et le Parasol sont partis,
A leur place, j'ai trouvé des cèdres encore petits.
Comme le Phénix, tes géants sont éternels ;
Ils meurent et de leurs cendres renaissent de plus belle.
Les grands chênes, les genévriers et tant de pins,
Cohabitent avec les cèdres comme de bons voisins.
Et au milieu de tout ce vert vit une riche faune,
Qui vol rampe et court parmi tes géantes colonnes
Des oiseaux viennent même l'Europe traversant la mer,
Pour séjourner chez toi le temps d'un doux hiver.
Pardonne moi si je ravive de tristes souvenirs ;
Car nombreux sont ceux qui l'ignorent ton grand martyr ;
Je pense à cette guerre qui a marqué ton histoire,
À ce napalm virant tes vertes futaies au noir ;
Aux hommes pleins de gloire emportés par la souffrance,
Ironie du sort dans tes chalets de vacances.
Ce n'est plus que du passé, un fait d'autrefois ;
La vie et la nature reprennent toujours leurs Droits ;
Et tes saints, tes Sidi vénérés veillent sur toi,
Sans oublier ceux qui t'aiment et les hommes de loi.
Depuis bien des neiges on t'a fait Parc National :
Mon coeur t'élève d'office au patrimoine mondial.
Tu inspires la chanson, la peinture, l'écriture,
Même la flûte du berger charmeuse de la nature.
O paradis des cèdres, tu es ensorcelant ;
Tous ceux qui te quittent sortent d'un envoûtement.
Lorsque de ta lisière je m'éloigne au couchant,
Arrachant mon corps à l'étreinte de tes géants,
Je me retourne pour te dire : A une autre fois!
Alors, du haut du Medad, de la cime des bois,
Comme une supplication, une voix douce me parvient :
Celle-là même qui m'attire et qui me dit : Reviens!

Boudiba Mohamed



Né à Teniet el-haad en Algérie,  père de deux enfants, Il  a exercé pendant quelques années la profession d'avocat. Actuellement conseiller juridique, l'auteur est aussi artiste-peintre et un passionné d'Histoire, passion qu'il concrétise à travers un livre, où il raconte l'Histoire de la guerre d'Algérie dans l'Ouarsenis, son pays natal.


13/10/2008
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