souvenirs de neige à Téniet

LA NEIGE
souvenirs d'enfance

Il neigeait et même il neigeait abondamment à Téniet. Les photos le montrent à l’évidence. Les moyens mis en œuvre prouvent qu’à l’époque (année 50/60), l’administration des Pont et Chaussées se souciait de la sécurité des automobilistes qui n’étaient pourtant pas si nombreux.

Les ponts et chaussées en action

Mais, pour nous, les écoliers, quelle joie de découvrir ces matins enneigés. L’air était vif et les batailles de boules de neige nous empourpraient les joues en nous gelant les mains. Les rentrées en classe étaient dissipées et nos chaussures déposaient sur le sol de larges auréoles de neige sale que la chaleur de la classe faisait fondre rapidement. Pendant de longues minutes, on entendait seulement le souffle chaud projeté par des dizaines de bouches enfantines sur les mains qui peu à peu revenaient à la vie. En cachette, les regards continuaient à suivre, par la fenêtre, la chute moelleuse des flocons et le maître avait bien des difficultés à continuer son travail.
Dans la cour de récréation, les groupes d’enfants s’organisaient en batailles rangées et parfois, les pugilats se poursuivaient bien au-delà de la fin des classes, dans la rue.
Nos cartables servaient de luge derrière l’école des filles, sur le talus qui bordait la route en dessous de la caserne des Nomades.
Quand la couche neigeuse était trop dure, ils nous arrivaient de pisser dessus en groupe pour creuser un sillon et augmenter la glisse.
Certains d’entre nous tentaient de faire des luges avec des lattes courbes issues de vieux tonneaux clouées sous des caisses de dattes. Le résultat n’était pas à la hauteur des espérances, mais la joie illuminait les visages même quand les chutes douloureuses faisaient éclater ces véhicules de fortune et déchiraient nos habits.
Nos habits étaient souvent masqués par de sombres pèlerines qui nous donnaient l’air de jeunes corbeaux tombés du nid tant les jambes qui dépassaient de nos pantalons courts étaient longues et maigres. Nos têtes étaient coiffées de passe-montagnes gris qui nous rendaient tous semblables aux yeux des adultes qui avaient des difficultés à nous reconnaître. Cela avait l’avantage de nous protéger d’une éventuelle correction.
Nos parents appréciaient moyennement ces ébats hivernaux, mais, cela faisait partie des coutumes liées à la saison.

Devant le presbytère

Parfois nos jeux étaient moins innocents et j’ai le souvenir d’une boule-de-neige posé subrepticement sur la chaise de l’abbé, durant un cours de catéchisme. Le fondement mouillé, Ernest, qui manquait d’humour, gifla le premier qui lui tomba sous la main, ce fut moi !
Il faut dire que cette neige fondait très rapidement ramenant tous les enfants à des jeux de saison moins salissants mais tout aussi espiègles.

Francis Roch - 1994


07/03/2012
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